Lettre ouverte au président de la République

Monsieur le président de la République,

Le 5 novembre dernier, je vous écrivais en vous demandant, au nom des Républicains, la tenue d’un « acte II de la laïcité » en référence à l’initiative prise par Jacques Chirac en 2003 lorsqu’il avait installé la commission présidée par Bernard Stasi. Je vous proposais de prendre une initiative majeure, dans le même esprit, afin de porter un discours clair sur ce sujet, au moment où nos services publics, nos lieux publics, tous nos espaces d’expression font quotidiennement l’objet d’assauts de tous ceux qui veulent imposer dans notre pays leurs règles de vie archaïques, bafouant les libertés les plus élémentaires et déniant tout droit à l’émancipation des femmes.

Votre directeur de cabinet a mis trois mois à me répondre par un simple accusé de réception, m’informant que vous aviez pris connaissance de mes réflexions et de mes propositions… Autrement dit, un « circulez, il n’y a rien à voir », qui me fait singulièrement penser à votre expression d’octobre dernier par laquelle vous disiez, je cite, « le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire ».

Oui, monsieur le Président, le port de signes religieux ostentatoires lors des sorties scolaires, c’est votre problème ; le refus de soins urgents destinés à une femme au motif que le personnel soignant est masculin, c’est votre problème ; l’obligation de prévoir des séances d’apprentissage de la baignade en bassins non-mixtes, c’est votre problème ; l’instauration de salles de prières dans les vestiaires de clubs sportifs, c’est votre problème … Oui, monsieur le Président, l’islam politique c’est votre problème !

J’appelle solennellement à une prise de conscience de votre part, monsieur le Président. Il faut restaurer l’autorité de l’Etat et quoi de plus fédérateur pour notre pays que de refonder l’esprit de laïcité ? La laïcité est un des piliers fondamentaux de nos institutions. Les quelques exemples que j’ai cités démontrent que cette valeur est constamment foulée aux pieds dans notre pays.

Le texte fondateur de notre République, en son article 5, rappelle que le président de la République veille au respect de la Constitution. Comme je vous l’ai écrit, les Républicains prendront toute leur part à une initiative qui serait positive pour notre nation, dans l’esprit de ce que je viens de rappeler.

Il est de votre devoir, en tant que chef de l’Etat, de prendre enfin à bras-le-corps ce qui sape les fondements de notre démocratie et de notre modèle de société. Face à tous ceux qui se taisent, par idéologie ou par lâcheté, il est de votre devoir de tenir enfin un discours clair et de proposer des mesures fortes et précises.
Je vous prie d’agréer, monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.

Christian Jacob Président des Républicains


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