Il faut laisser respirer les Français

Chers amis,

Nous sortons d’une période qui a été une épreuve ô combien difficile pour notre pays. La fin de l’année a mis en lumière les souffrances profondes de notre société :

  • les retraités, ceux qui travaillent, les classes moyennes assommés d’impôts ;
  • la lassitude des policiers et des gendarmes face au recul du respect et de l’autorité ;
  • le retour meurtrier des attentats islamistes.

Pour qui voulait entendre et voir, ces dernières semaines ont résumé bien des batailles que les Républicains portent depuis longtemps déjà.

Mais, le Président de la République n’a voulu ni entendre ni voir. Les réponses apportées ont consisté, comme trop souvent dans notre pays, à tout lâcher après avoir tout refusé, sans rien résoudre. Les cadeaux aujourd’hui seront les impôts de demain car aucune économie sur la dépense publique n’est faite, contrairement à ce que je réalise dans ma Région en Auvergne-Rhône-Alpes en montrant qu’il n’y a pas de fatalité au gaspillage et que l’on peut baisser les impôts.

Et pourtant, il y a à peine un an, la mode était de se mettre en marche et rien ne semblait résister à Jupiter. Mais nous dormions sur le volcan, comme aurait dit Tocqueville. Moins de deux ans après l’élection présidentielle, le pouvoir est déjà à bout de souffle et laisse une France fracturée et en colère comme jamais.

Les Républicains ont, dès le début du quinquennat, mis en garde contre les illusions du macronisme, s’attirant parfois des commentaires violents parce que nous osions émettre des doutes. Notre discours n’a pas varié. Nous l’avons fait en prenant nos responsabilités, en soutenant la réforme du code du travail ou celle de la SNCF ou encore en appelant au retour à l’ordre quand les casseurs ont pris le pas sur les gilets jaunes, mais en défendant toujours nos valeurs : le travail et l’initiative, le respect et l’autorité, le refus de l’immigration de masse ou du communautarisme, l’attachement à notre identité. Je suis convaincu que pour réussir la France ne doit pas se renier mais se retrouver.

Il faut laisser respirer les Français, assumer de vouloir que la France reste la France et croire en l’Europe mais une Europe qui protège.

Ces combats supposent de la constance et du courage.

Je voudrais finir par un mot plus personnel.

Je ne suis ni sourd ni aveugle. En prenant la tête des Républicains, je savais bien que la mission serait difficile après l’un de nos pires échecs. Et rares étaient ceux prêts alors à s’y consacrer.

Nous avons ensemble commencé à rebâtir et les idées que nous avons défendues étaient les bonnes. Nous avons été les premiers à sentir la colère monter et à le dire. Mais je sais aussi que nous n’avons pas toujours su convaincre ni nous faire entendre. Nous avons certainement commis des erreurs et j’en suis conscient. J’ai parfois donné prise aux caricatures médiatiques si promptes à résumer le débat d’idées à quelques anecdotes et petites phrases. J’entends les critiques et l’année à venir nous permettra d’y répondre.

Je suis convaincu que les Français vont chercher un autre chemin entre un Président qui les a déçus et des extrêmes dont ils savent qu’ils peuvent mener au chaos. Pour cela, je crois qu’il faut défendre avec courage et détermination nos idées. Nous savons que tout est fait pour nous détruire mais c’est précisément dans ces moments qu’il faut de l’unité et de la constance. Le but n’est pas de plaire à ceux qui ont plongé notre pays dans cette situation. Le but n’est pas de monter le temps d’un sondage. Le but, c’est de réveiller la France.

J’ai eu la chance d’être élevé par une grand-mère qui était une femme de caractère, qui a dirigé une petite entreprise à une époque où les femmes étaient promises à un autre destin. Il y avait en elle une profonde gentillesse. Mais aussi une volonté inébranlable : « ne renonce jamais » m’a-t-elle souvent dit. J’ai gardé cette leçon. On ne renonce pas au premier vent mauvais, on ne se soumet pas, pour reprendre la belle formule de Michel Houellebecq.

A l’heure où nous allons fêter Noël, cette fête si intrinsèquement associée à nos racines, n’oublions pas que nous sommes les héritiers d’une civilisation magnifique. Chez nous, l’espoir est toujours là, même dans les pires moments, à une condition, ne jamais se renier, rester fidèles à ce que nous sommes. Nous voulons rétablir la France dans ce qu’elle a de plus beau et de plus grand.

Je tiens à vous assurer de mon entière détermination au service de notre famille et de notre pays et vous souhaite, de tout cœur, un joyeux Noël et de belles fêtes de fin d’année, avant de nous retrouver pour continuer ensemble notre chemin en 2019.

Amicalement,

Laurent Wauquiez


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